Tous ces chiens.
Échange
Récupéré le bois de la voisine dans un bûcher obscur. Entassé par ses aïeuls, il est sec, plus que sec poudreux. A l’aide d’une torche j’éclaire les sections d’entreposage, prudent sur l’échelle tordue je jette dans une vasque de caoutchouc les bûches glanées au-dessus de la tête. La corvée finie, cela brûle comme du papier d’Arménie.
Diplôme
L’écrivain imbécile Boualem Sansal que les Français revendiquent. Enfin les Français! Plutôt le gouvernement imbécile de France. Énergumène qui n’a pas compris “1984” de Georges Orwell mais a pu grâce aux cyniques faire carrière de cette incompréhension. Copie de la procédure de validation d’un autre imbécile parmi les émérites, en philosophie cette fois et aux États-Unis, Francis Fukuyama.
Raid
Projet de traverser à vélo, en autonomie, la jungle de Péten au départ de la ville guatémaltèque de Flores pour rejoindre mil kilomètres plus au Nord la station balnéaire de Sabancuy dans l’État mexicain de Campeche. En décembre, dans le quartier des forces armées de Guatemala-ciudad, j’en parlais à Hector. Depuis je me suis mis au travail, j’ai tracé les premiers liaisons de pistes. Lui qui si vite réagit à mes messages, maintenant garde le silence.
Solution
Installé contre la paroi du bureau six poches de plastique pour recevoir mes téléphones portables. Ces accessoires chinois sont vendus avec leur ruban de fixation. La première nuit je suis content de mon affaire. La seconde, l’un des portables dévisse, heurte le sol, me réveille. Depuis j’ai sursauté à chaque impact. Désormais, je suis revenu à la situation de départ: six modèles dotés de numéros distincts, cependant indiscernables.
Augure
“Défaite de la pensée”, titre pamphlétaire déjà ancien. La conformation erratique, naïvement prétentieuse faute de savoir construire une opinion, la fonder, la vérifier, devient cependant la norme. De ce fait les discussions vont à vau-l’eau, n’apportent à ceux qui encore les courtisent qu’insatisfaction.
Mimizan
Moi qui pensais qu’il suffirait de rouler dans les rues pour trouver le numéro de téléphone d’une chambre ou d’un appartement à louer. Mais l’époque est à l’internet et je suis naïf, d’autant plus naïf que je reviens d’Amérique centrale, population encore sensée qui rit et parle et renseigne. Puis en cette saison la station de Mimizan est courue des vents, vide, close. Excédé, je menace de repartir pour Agrabuey. L’Office du Tourisme indique à Gala une Résidence des sables. Peu après un retraité vient nous chercher avec sa Renault, il nous fait visiter un bungalow insérer entre dix autres bungalows. Billets de ma main à sa poche, confort de grande surface, le tout brinquebalant mais calme, sans voisin et la mer est juste là, aux vagues déchaînées, j’y vais mon surf sous le bras, en revient pareillement, courant trop fort, danger, je passe à la bière. Splendide côte cependant, inchangée depuis vingt ans quand nous y venions avec les enfants alors petits, d’ailleurs c’est le même quartier, entre dunes et pinède, près de la zone militaire, mais société française au ralenti, et ce n’est pas que la saison, c’est le socialisme, la misère.