En Espagne (mais j’ai débuté cette pratique l’an dernier à Fribourg), j’ai découvert que l’on pouvait à tout moment de la journée se retrancher du monde. Je déroule la persienne pour plonger la pièce dans le noir, j’enfonce des tampons dans mes oreilles, je me couche. Ne pas entendre sonner les téléphones ne suffit pas: il faut savoir qu’ils ne sonneront pas. Tel est le cas. Depuis quelques mois, ils sont aphones. Pour quelqu’un qui est sans cesse occupé à deviser avec soi-même, cette coupure du réel est une aubaine. Le rythme de la vie ralentit, la qualité augmente.
Néo-libéralisme
En philosophie politique, il y a un état de nature des hommes. Dans la nature, rien de tel. En revanche, il y a des traits de nature. Quand on voit deux propriétaires qui partagent une montant de cheminée peindre chacun sa face, on se dit que le néo-libéralisme (comme arnaque) a encore de beaux jours devant lui.
Vérité
Une partie de ce que je fais, au quotidien veux-je dire, en dehors des actes spontanés veux-je dire, dépend de la vérité; une grande partie de ce que je ne fais pas dépend de la vérité. Cependant, je suis incapable de donner, même quant à l’usage circonstanciel que j’en fais, une définition de la vérité. Je souscrire à cette idée que la vérité est à elle-même son critère et permet de dire le faux. Ce qui établit ma croyance dans une mystique de la vérité.