Auto-routes 2

J’ai fait le voy­age de l’An­dalousie pen­dant trois ans. Dix fois peut-être. De mon ancien apparte­ment à la mai­son actuelle il y a tout de même 1200 kilo­mètres. Or, la mémoire à tout enreg­istré. Va sans dire, sans que j’y mette de la volon­té. Ce matin, je le véri­fie à mesure que j’a­vance à tra­vers le paysage. Je peux dire quel pan­neau va sur­gir, quel moulin, vil­lage, pont, restau­rant. Juste­ment nous avons faim. J’an­nonce un restau­rant. Il sur­git. C’est l’Oa­sis, au sud de Jaen, l’Oa­sis, au milieu de la plus grande oliv­eraie du monde. Et là, comme chaque année, avant de m’at­tabler pour l’apéri­tif, je veux acheter mon bidon de 5 litres d’huile extra-vierge pre­mière pres­sion à froid. Comme je n’ig­nore pas que les prix ont flam­bés, j’ai pho­tographié le bidon rangé dans la cui­sine d’A­grabuey acheté au même endroit il y a un an, à quelques jours près. 2023, le bidon était à Euros 38.-; aujour­d’hui, 2024, le bidon est à Euros 72.-. 

Auto-routes

L’au­toroute est belle est droite. De Sese­na elle court sur 480 kilo­mètres et finit à la mer, c’est là que nous nous ren­dons. Xam demande ce que c’est sur la droite de l’au­toroute. C’est l’au­toroute. Une autre autoroute, celle-ci payante. Elle court en par­al­lèle, rebon­dit comme nous rebondis­sons sur la dernière colline de la Com­mu­nauté de Madrid puis s’élance à tra­vers la Manche. “Quel intérêt?”, demande Xam. “Eh bien comme peu de gens paient, ceux qui paient ont l’au­toroute pour eux.”. 

Ralliement

Ces prochains temps, on ver­ra de plus en plus de gens se ranger du côté de la Vérité main­tenant qu’il est devenu évi­dent que ceux qui la dis­ent pro­fessent le men­songe donc qu’ils sont dangereux.

“The end”

Au dénoue­ment de l’his­toire améri­caine, la lumière est ral­lumée et cha­cun se regarde hébété: “ah! nous étions dans une salle de ciné­ma! Eh bien… Il va fal­loir se pren­dre en main désormais!”. 

Individualisme

A‑t-on deman­der si nous en étions capables?

Madrid 2

Les Ukrainiens, hommes jeunes et mûrs en pyja­ma gris avec des bas­kets de sci­ence-fic­tion, femmes jeunes et moins jeunes en pyja­ma rose avec des bottes de pros­ti­tuées, quant aux aïeux (la plu­part accueil­li par leur progéni­ture réfugiée), ils sem­blent sor­tis d’une séquence sur la vie paysanne à l’époque des films de pro­pa­gande des sovkhozes. Mais Xam est enfin arrivé! Cheveux en brosse, bomber kaki, le pas alerte. Ensem­ble nous tra­ver­sons le dami­er du park­ing et démar­rons pour Sese­na, dans la direc­tion de Tolède. Arrivé devant l’hô­tel, bâti­ment sur un gira­toire au milieu des frich­es, Xam remar­que “c’est un qua­tre étoiles”. Il est vrai que le vil­lage, à quelques encâblures, évoque le restant de la colère des dieux avec ses usines aban­don­nées ou cassées, ses maisons badi­geon­nées à la chaux et ses urban­i­sa­tions clos­es. Avant de pénétr­er dans l’étab­lisse­ment Cer­vantes, j’ou­vre le frigidaire du van, en tire un litre de Skol, je lui passe un can­nette Car­di­nal, sai­sis une can­nette Feld­schlössen, je le sers, je me sers et nous nous présen­tons à la récep­tion avec à la main cha­cun une belle can­nette pleine de bière. 

Madrid

Déposé Gala à l’avion de Genève. J’ai deux heures avant l’ar­rivée de Xam. C’est par ce même avion que repar­ti­ra Gala. Instal­lé au niveau Lle­gadas, je vois défil­er des Ukrainiens et des Ukrainiens, mais je vois aus­si, à force de repérage, qu’il y a dans ce ter­mi­nal un grand nom­bre de faux voyageurs, j’en compte qua­torze: cer­tain munis de valis­es à code, cor­recte­ment habil­lés, d’autres crasseux et blessés. Un point com­mun, tous ont leur sac de couchage et leur coin de prédilection. 

Vacances

Du vélo, encore du vélo. Elec­tron­ique, sta­tique, musi­cal, bref en cham­bre. C’est une par­tie de mon pro­gramme des vacances. Entraîne­ment à rai­son de 30, 40, 50 km par jour. Pour le reste, je pré­pare le petit-déje­uner, attend que Gala me rejoigne, je vaque aux occu­pa­tion du ménage et la séance de vélo finie, je con­sulte les nou­velles du monde et visionne des matchs de MMA en buvant de la bière jusqu’à la nuit. 

Nouvel-an 2

Souhaité une bonne année et obtenu la même réponse: à mon ami colom­bi­en qui bâtit depuis quinze ans un hôtel dans la jun­gle de Carthagène, à mon édi­teur parisien qui vit entre l’Afrique à Château-rouge et la galerie de crack de Porte-la-Chapelle, à mon ami jar­dinier à Détroit-Michi­gan qui vient d’a­cheter dans un des cen­tres-villes une nou­velle mai­son de bois pour US£ 100.-, à mon ami genevois, jour­nal­iste et cri­tique d’art, tatoué des pieds à la tête, tête sur laque­lle a fait installer des cornes sous-cutanées, à mes amis anglais d’Afrique du Sud qui par­taient pour le désert de Kala­hari avec “de l’eau, du vin et de la bière” et à Tol­do qui m’a répon­du: “je suis en tournée d’in­spec­tion dans les écoles de la cordil­lère où je fais enseign­er aux Indi­ens la langue toltèque”. 

Problème

Qui sont les oubliés de l’His­toire? On ne le sait pas.