Être emporté plus loin, toujours plus loin, l’oeil sur la route, à la fois intéressé et indifférent puisque c’est toujours la même route.
Baies de Huatulco 2
Après le Pacifique et ses montagnes russes, bus de nuit pour Tapachula d’où nous gagnerons la frontière du Guatemala et Tecun Uman. Durée du trajet, douze heures. Je m’endors aussitôt. Quand Aplo me réveille, les autres passagers sont déjà descendus, nous sommes rendus, il commence de faire jour, c’est Tapachula, ville interlope, poussiéreuse, sans trottoirs, ce dimanche à demi-déserte, des Noirs transfuges du Belize vendent de l’eau à la criée et ramassent les poubelles, les Indiens achalandent leur boutiques de faux, leurs paniers de légumes, de fruits, de viandes. Petit-déjeuner épais sous un écran qui diffuse un film de catch (les personnages vivent avec leurs masques) puis taxi collectif pour Ciudad Hidalgo.
Baies de Huatulco
Au milieu de cinquante Mexicains hilares, sur le pont d’un bateau d’excursion qui affronte en musique, ce samedi, pendant quatre heures, de forts rouleaux. L’animateur joue du Karaoké, les familles accrochées au bastingage sautent en l’air au rythme des creux et hurlent, et chantent. Côté terre, des plages vierges, entre les deux des baleines grises.
Z.
Travis, le personnage homosexuel de mon livre Fordetroit, apprenant mon départ pour le Mexique a dit : “ma soeur vit à Zipolite”. J’ignorais que cette plage se trouvait à une encâblure de Puerto Ángel. Nous y sommes allés ce soir. De vieux Américains promènent leur sexe bagué en fixant l’horizon, des lesbiennes à cheveux bleus roulent des patins, les Mexicains regardent ou imitent, “et cela, déclare notre chauffeur, ce sont les préparatifs pour le festival de la nudité”.
Puerto Ángel 2
Etrange sensation à la pensée que l’Allemand chez qui j’ai logé en hamac pendant une semaine, avec l’écrivain O.T., il y a de cela quarante ans, l’Allemand qui venait de s’établir, prendre une épouse indienne et menait à bien le chantier de construction de sa future la Guest house est mort depuis longtemps.
Deux temps
Trois jours que nous prenons le petit-déjeuner dans le même établissement du marché couvert. Maintenant que nos sacs sont chargés dans le colectivo pour Puerto Escondido, que le chauffeur démarre, le garçon du Zasayam appelle par téléphone, explique que le premier jour il a eu un problème avec son terminal, que la carte de crédit n’a pas fonctionné, que ce serait bien si nous pouvions passer le payer (il y a seulement dix minutes, nous étions devant lui).