Folie

Entre­prise de destruc­tion générale, le social­isme. En févri­er, plus de cent mille per­son­nes défi­lent à Barcelone pour l’ac­cueil des immi­grés. Hier, des immi­grés com­met­tent un meurtre de masse. Trois jours plus tard, le pape appelle à ouvrir les frontières.

Marche

Belle réus­site que celle de Mamère: voilà des années qu’elle con­vie le troisième week-end d’août nos amis à la marche pop­u­laire d’At­tal­ens, vingt kilo­mètres à tra­vers champs et sous-bois, entre la Veveyse et la Glâne. Hier, nous étions onze. Aplo nous présen­tait sa pre­mière copine, Mon­frère était venu avec son fils, des amis d’ado­les­cence que je ne vois qu’à cette occa­sion nous avaient rejoint. Pen­dant les qua­tre heures de balade, les groupes se for­ment et se défor­ment, cha­cun allant aux nou­velles. Et lors des deux arrêts, une fois en ferme, la sec­onde fois dans la buvette d’un téles­ki pour enfants, nous man­geons du gâteau et buvons des limonades.

Rançon

A l’aube, les politi­ciens sor­taient dans la ville pour relever les machines à sou.

Ozzy

Quand Ozzy Osborne (chanteur de Black Sab­bath) revient à la mai­son après un con­cert, me racon­te Mon­frère, sa femme lui demande “alors, mon chéri, com­ment ça s’est passé?”
- Sais pas, dit Ozzy, je ne me sou­viens de rien.
Il jouait dans un stade devant 200’000 personnes.

Surindividualisme

La pro­pa­gande de masse a réus­si à nous faire croire que nous étions à nul autre com­pa­ra­bles. Ain­si, quand bien même nous ressem­blons à tout le monde, quand quelqu’un meurt, c’est tou­jours l’autre.

Quête

Bruit des valis­es à roulettes que les dérac­inés en quête d’e­space tirent sans cesse der­rière eux.

Pour les non-fatigués

Nous nous regar­dons mourir en société et, sans trop chercher, trou­vons des raisons. En réal­ité tout est bon: se laiss­er mourir n’a jamais qu’une rai­son, la fatigue de soi.

Valise

Gala décide d’ap­porter sa valise à Genève (nous ren­trerons en Espagne dimanche). Elle l’ou­vre, en retire la moitié des habits, les plie et les replie, les dis­pose sur mon lit, dans l’ar­rière- bou­tique. Puis elle me fait véri­fi­er l’heure du direct au départ de Lau­sanne. Je l’ac­com­pa­gne sur le quai. Arrive le train. Elle s’en va. Trois heures plus tard, elle est de retour. Elle a vidé la valise à Genève. Elle l’ou­vre et la rem­plit avec le reste des habits. Pour la sec­onde fois, je l’ac­com­pa­gne sur le quai de la gare de Lau­sanne et lui tends la valise. Elle monte dans le direct pour Genève.

Plante

Cette plante est for­mi­da­ble. Une pousse quel­conque, pro­mue à un des­tin gris. Non pas que je sache quel sont les voies qu’empruntent les sèves ou quelles ter­res sont rich­es, mais de la trou­ver ain­si, à l’époque,  épleurée devant la paroi amovi­ble d’un super­marché de la rue du Jura, à Fri­bourg, m’avait remué. Je n’aime pas le choses sol­dées, surtout quand elles sont vivantes. De plus, la cais­sière m’avait fait l’ar­ti­cle. J’ai payé cette plante Fr. 8.- Per­son­ne ne lui aurait don­né un semaine. Or, trois ans plus tard, elle est là, dans l’ar­rière-bou­tique. Et je ne la vis­ite que quelque fois par an. Elle pro­duit des feuilles, cherche la lumière de Lau­sanne, la trou­ve un peu, avale son lot de pous­sière située qu’elle est entre deux étagères rem­plies de livres. Et dure.

Ionesco

Le roi est nu. Ain­si soit-il!