Peintre, il l’était d’un seul tableau. Un paysage acheté au puces de Saint-Ouen, un travail d’amateur, “le printemps”. Dans sa chambre en mansarde, à la sortie de l’atelier, il l’adaptait aux saisons, peignant et repeignant la colline et les champs qui la bordaient, y mettant selon de la neige, de l’herbe verte, du soleil, des pénombres ou des feuilles tombées.
Minorités béates
Revendications vocifératoires des minorités. En catalogne par exemple, quand il y a mise en scène improbable d’un drame fictif par une poignée de politiques ou à bas régime, pour compenser je-ne-sais quelles frustrations intimes, toujours réelles, dans les mouvements de conscience, animaliers, féministes, sybarites: que ne voient-ils pas que l’orchestration planétaire des nombrilismes ne vise qu’à dissoudre toute identité traditionnellement constituée dans un schéma post-historique avec options sur capital?
Vin
Dans la rue tout à l’heure. Le voisin sort une bouteille, il approche les verres. Des verres plats qui contiennent une gorgée. Nous parlons. De rien. Quand le soleil tourne au-dessus du toit, la rue est à nouveau dans l’ombre. Chacun souhaite bon appétit, nous rentrons, les portes se ferment.
1939–2017
“[] si je me tais, ce n’est point par orgueil; pour un peu je dirais que c’est au contraire par modestie et plutôt encore incertitude. Je puis être, et je suis souvent, d’accord avec le plus grand nombre; mais l’approbation du plus grand nombre ne peut devenir à mes yeux une preuve de vérité. Ma pensée n’a pas à emboîter le pas et, si je ne la crois pas plus valeureuse par le seul fait qu’elle diffère et se sépare et s’isole, c’est du moins lorsqu’elle diffère qu’il me paraît le plus utile de l’exprimer. Non point que je me complaise à cette différence, ayant d’autre part grande peine à me passer d’assentiment, et non point que les pensées me paraissent moins importantes si elles sont très partagées; mais il importe alors moins de les dire.” André Gide, Journal, 1939.
Sous-marin
A ces choses là, mécanisées, alchimiques, retorses, je comprends que dale, le cerveau étant ce qu’il est, taré et marqué d’impasses, mais je garantis que les frères Jésus on dit: “c’est réparé, elle ne couinera plus!” Or, c’est pire! Mas chaudière des années 1970 a l’estomac plein d’oxygène, elle rumine, elle ahane, elle éructe, tout ça dans l’eau — après tout son travail c’est la gestion de l’eau — bref, j’ai l’impression de vivre et surtout de dormir, car c’est la nuit qu’à la faveur du silence ses manifestations de souffrance sont les plus fortes, dans un sous-marin.