Toujours occupé à la réalisation de grandes mosaïques obtenues par l’assemblage de dessins au stylo noir sur des pages de format A4, dessins que je faisais déjà compulsivement chez ma grand-mère, il y a quarante-cinq ans, elle me préparait un café avant de me mettre au lit, demandait “mais enfin, c’est quoi?” et si je ne sais plus ma réponse je n’ignore pas que ces dessins sont la traduction de cauchemars qui sans être miens existent quelque part dans mon corps, dans mon esprit, héritage ancestral ils surgissent chaque fois qu’un stylo à la main je macule le papier.
Cerveau-esprit
Cette incapacité congénitale, anti-historique, anti-épigénétique des faiseurs de technologie de l’intelligence à comprendre que le cerveau n’est pas l’esprit, que la priorité militante accordée au cerveau sur l’esprit (que ce dernier existe ou non) est un acte de négation civilisationnel.
Mains
L’histoire malheureuse du récit débute quand débute l’écriture à plusieurs. Il n’existe pas, il ne peut exister d’esprit à plusieurs. Rares sont aujourd’hui ceux qui soulignent l’influence délétère sur le récit de l’industrialisme appliqué à la création. Pour prendre la mesure de la catastrophe, il faut remonter à l’exil new-yorkais de l’Ecole de Francfort ou au Cauchemar climatisé d’Henry Miller.
Rencontre
Madame parle de son chien à Monsieur qui parle de son chien et chacun, l’expression tantôt curieuse, grave, enjouée, de regarder comment se comportent ces chiens, les leurs, l’un face à l’autre, oubliant ou cherchant à oublier qu’ils sont femme et homme, ou encore qu’ils ont un esprit peut-être du caractère, des possibilités.