Transsubstantiation 4

Pour la secte vat­i­canaise et ses stratèges du com­pro­mis poli­tique, je n’ai aucun respect ; j’ai de la sym­pa­thie pour les rou­tines du moine qui tra­vaille sa rela­tion à Dieu.

Transsubstantiation 3

Font excep­tion les monastères con­tem­po­rains. Des indi­vidus qui se met­tent en marge d’une société libre et se regroupent pour com­mu­nier dans la prière finis­sent par pro­duire Dieu comme la cause l’effet.

Transsubstantiation 2

Le ren­force­ment du rit­uel porte néces­saire­ment la sub­sti­tu­tion de Dieu par le rituel.

Transsubstantiation

Chez les Loubav­itchs ou les mahomé­tans rad­i­caux, l’idée mys­tique que l’habit, un uni­forme, inscrit l’individu dans une com­mu­nauté dont le flux vital ali­mente, et jusqu’à la mort ali­mentera, la sub­stance personnelle.

Loterie

Salle d’attente A6 de l’aéroport de Coin­trin, vu trente fois ce doc­u­men­taire. Du pont d’une camion­nette un gar­di­en descend une tortue à la cara­pace brune. Les pattes comme la tête sont ren­trés. Dans l’état, cet ani­mal est une chose.
-C’est une femelle! Il y a cent ans que l’on avait plus vue aucune.
Le biol­o­giste du Parc des Galapagos :
-Nous allons retourn­er sur zone en espérant trou­ver un mâle.

Aplo

A con­sid­ér­er le plaisir que prend Aplo à assumer la charge de sol­dat, motivé comme il est par l’ascension des grades, j’observe que ne réus­sit en société que celui qui croit dans la société, soit qu’il l’estime et se mette hon­nête­ment à son ser­vice, dans quel cas elle se soumet par intérêt, soit qu’il la més­es­time et la piège ne lui promet­tant le ser­vice de ses intérêts. Les autres réus­sites tien­nent au hasard, elles sont par défaut. Elles impliquent la nav­i­ga­tion à vue.

Robot littéraire

De la théorie lit­téraire à l’écriture d’une œuvre, il n’existe pas de chemin. Un robot peut fab­ri­quer une œuvre, mais pas de la lit­téra­ture qui fasse date et histoire.

Enclosures

L’emballage est au pro­duit ce que la clô­ture est au pré.

Silence

A tra­vers la fenêtre de l’hô­tel Alle­gra de Zurich, la bib­lio­thèque com­mu­nale. Il neige. Dans la salle de lec­ture, un baby-foot.

Militaria

Aux casernes de Thoune. Un char VC 90 roule sur la place, s’ar­rête devant les par­ents. Sur la tourelle, le pre­mier-lieu­tenant, boule à zéro, barbe d’ar­mail­li. Il annonce la com­pag­nie. Un sol­dat allume des fumigènes, un ordre reten­tit, les grenadiers quit­tent les hangars au pas de charge et for­ment les sec­tions. Aplo est au qua­trième rang, en tenue de com­bat, fusil et béret de côté. Après les défilés de parade, il nous rejoint. Mamère, Mon­frère, Olof­so, Luv, sa copine l’en­tourent. Il a son poste a pren­dre, la démon­stra­tion des moyens embar­qués dans le char, mitrailleuse et canon. Il explique, désigne, monte, démonte. Impres­sion­né de la con­fi­ance de parole et d’at­ti­tude gag­nées par notre fils pen­dant ces pre­mières huit semaines d’é­cole. D’au­tant que, je l’ai déjà noté, amené à jouer le même rôle, je me blindais, n’é­coutais pas, rêvais lit­téra­ture et poésie (ce qui ne m’empêcha pas d’être pointé, piège dont je me dégageais en expli­quant la pas­sion dans les yeux que seul m’in­téres­sait la mode.
-Que voulez-vous dire? Deman­da le cap­i­taine.
-Je veux habiller des femmes, coudre leurs robes.