Les Espagnols chantent l’amour et la mort, l’espoir et désespoir. Le registre est celui de la passion. Les Italiens chantent, et souvent fredonnent, pour accompagner les menus gestes du quotidien, adoucir les mœurs, lisser le réel, rendre le travail moins pénible.
Bébés
Dans la cour, des amis des voisins venus garder leurs jumeaux de quelques jours. J’essore le linge sorti de la machine. Au bout d’un moment, je m’étonne: le couple n’a pas bougé. La poussette est au milieu du chemin, la porte de la maison fermée. Lui, elle, dans la cour, chantonnent. Un enfant dans les bras chacun, ils gardent.
Marché
Marché à l’esprit familial sur la place à l’obélisque. Des couples descendus des collines tiennent les stands maraîchers, un Chinois vend de la confection, les gens de la ville s’occupent de la vaisselle. Gala achète une robe et des raisins, je fais l’acquisition d’un sèche-salade. Je remplis nos bouteilles d’eau à la fontaine municipale, nous prenons du vin au tonneau.
Pain
Au milieu de l’après-midi, près du marché de Sant’Ambriogio, par une chaleur de trente degrés, une femme blonde et belle, grands cils, fort décolleté, sert, pour accompagner une salade de tomates et de “mozzarella de buffala” un pain chaud. Gala s’éclipse. De retour, elle a convenu d’un rendez-vous. La nuit, elle viendra faire le pain avec la patronne.
Lâcheté
Dans les squares de Florence, à portée des flots de touristes chinois, des nègres sapés à l’américaine, drogués et ivres, a demi-nus et vociférants, s’écroulent. De jeunes Italiens, ambulanciers empressés, solidaires, volontaires, mal payés, avec un matériel de combat civil les embarquent et les emmènent vers les conforts de l’Institution socialiste d’Etat.