Un monde cruel où il fallait être fort pour survivre; un monde cruel où il faut être faible pour survivre.
Transcendances
A leurs malheurs, les gens apportent toutes sortes d’explications. Afin de se réconforter, ils quêtent votre approbation. Je la donne d’autant plus volontiers que la souffrance d’autrui m’impressionne. Quant à l’explication, je n’en sais rien. Retour légitime de la mentalité religieuse? La rationalité, me semble-t-il, est plus dure. Elle installe l’incompréhension devant tout ce qui la dépasse. Ainsi faut-il progresser sans réconfort, émotionnellement atteint, à travers un ciel muet.
Loin
Vivre loin. Très loin. Là où il y a encore des gens qui vivent. A l’intérieur du territoire natif. Dans ses creux. En zone non-inondable. Car la société guette. L’arasement menace. La société-monde. Ses grand faibles aux ordres, convaincus de servir la liberté, innombrables, compromis, inféodés, ils incarnent et promeuvent le modèle massif comme ont tirait jadis les chars romains aux parades. Ecrasent la populace sous les images. Vivre loin, où vivent les gens qui ont choisi de vivre loin et sont et admettent que l’on soit. Affaire de partage. Du pain, de la parole — silence habité.
Faux combat
Les femmes libérées qui réclament la liberté sont celles qui n’ont que ça, la réclamation. Les autres ont un amant, un mari, une famille. Disqualifiées dans la course au bonheur, cette minorité espère imposer à toutes les femmes son échec. Les misogynes, de même. Justifiant leur choix, ils croient se parer de vertu; la plupart ne râle contre la femme que par dépit.