“Au lieu de récompenser ceux qui procréent inconsidérément, on devrait sévir et sévèrement contre un pareil abus de pouvoir. Tout ce qui existe gagne à être soumis à des sélections: plantes et animaux. La qualité importe en toutes choses, mais surtout et au premier chef, quand il s’agit d’une espèce, aussi éminente et délicate et chargée de dangers que celle des hommes, trop souvent funeste à elle-même.” — Marcel Jouhandeau, Réflexions sur la vie et le bonheur.
Transcendances
A leurs malheurs, les gens apportent toutes sortes d’explications. Afin de se réconforter, ils quêtent votre approbation. Je la donne d’autant plus volontiers que la souffrance d’autrui m’impressionne. Quant à l’explication, je n’en sais rien. Retour légitime de la mentalité religieuse? La rationalité, me semble-t-il, est plus dure. Elle installe l’incompréhension devant tout ce qui la dépasse. Ainsi faut-il progresser sans réconfort, émotionnellement atteint, à travers un ciel muet.
Loin
Vivre loin. Très loin. Là où il y a encore des gens qui vivent. A l’intérieur du territoire natif. Dans ses creux. En zone non-inondable. Car la société guette. L’arasement menace. La société-monde. Ses grand faibles aux ordres, convaincus de servir la liberté, innombrables, compromis, inféodés, ils incarnent et promeuvent le modèle massif comme ont tirait jadis les chars romains aux parades. Ecrasent la populace sous les images. Vivre loin, où vivent les gens qui ont choisi de vivre loin et sont et admettent que l’on soit. Affaire de partage. Du pain, de la parole — silence habité.