Gala aux urgences. Assez de force pour m’insulter pendant deux belles soirées lundi et mardi, assez de force ce matin, du fond de son lit d’hôpital, pour me dire qu’elle s’est quelque peu emportée.
Elus du capital
Le gouvernement de France, comme désormais celui de la Suisse, après avoir importé vingt ans de suite, sur programme, des criminels du tiers-monde, impose avec méthode une morale du mensonge et de la complicité à la police et aux juges. Ce faisant, elle livre la population autochtone à l’accident et à la mort. Prolègomènes d’un spectacle général de décapitation.
Impuissance
Rapport entre Occident et tiers-monde: nous autres, blancs surpuissants, avons peur. Ironique? Oui. Mais potentillement dévastateur. Car c’est ici le cycle infernal du retour régulier des barbares sur l’avant-scène. A l’acmé de leur effort de création, les puissants doutent. Aucune surprise au constat de cet épisode: seul le doute produit la civilisation, autrement dit lui seul conjugue puissance et faiblesse. Dans les zones peuplées d’énergumènes, à commencer par le continent négroïde, il n’y a que désordre et inconscience, avec à la clef — ce que à quoi l’on assiste continûment — l’expression des possibilités animales. Des salves sacrificielles, suivies de retour à la matrice.
Epinal
Demain, je visite un chalet dans les montagnes suisses. Lieu-dit. Isolement. Neiges. Vastes silences. Ce que j’aime. Et puis, me dit-on, l’or monte; les retraites seront confisquées; la sous-division des espaces de vie va à l’infini; chaque génération rivalise d’obésité; chaque génération se contente d’une cage plus petite. De l’argent? Oui, un peu. Voyez, me dit-on alors, ces jours, comme à la veille des effondrements, les banques prêtent à bon compte! Soit. Dans tous les cas, n’oublions pas : ce qui est disponible doit être dépensé. Finies les familles de grande hérédité. Il n’y a que l’Etat qui hérite de l’Etat. Les autres, pauvres tâcherons, travaillent et succombent et alimentent la prédation.
Fribourg
A grandes enjambées à travers le brouillard noir de Fribourg pour photographier une fois encore ce soir les bornes électriques sur lesquelles sont apposées nos cadres d’affichage. L’esprit occupé à ce repérage technique, je perds une partie des facultés habituellement dévolues chez le piéton au plaisir de la navigation et des rencontres, bientôt engagé dans une perception a‑normale des gestes et mouvements dans ce fumoir frais.
Oeuf
Deux aimables invitations chez des amis de mes parents aisés, riches, âgés. Carrières professionnelles qui s’éloignent, morale éduquée, mérite certain. Appréciant, voyageant (souvent loin, l’esprit curieux et cultivé), débattant, mais tout autant retranchés: effrayés devant la dénaturation de notre société suisse, esclavagisée, babélique, idiote. Et dans le Lavaux comme sur les hauteurs de la Broye, tandis que je me rends chez ces amis à travers des paysages que je fréquente depuis quarante ans, c’est à peine si l’on devine encore entre les constructions un champ, un bois, une vigne, ce qui me rappelait mon projet de la fin des années 1990 dans Genève, marcher un kilomètre au centre-ville sans m’écarter de la ligne droite ce qui eut impliqué de longues négociations avec des locataires, des boutiquiers, des industriels pour franchir l’espace privatisé.