Afin de conglomérer les voix des contestataires qui, à travers un pays de la périphérie, défient le pouvoir en place, se constituer prisonnier des réseaux sociaux qui organisent, dans nos sphères capitalistes, la détention méthodique de nos corps et esprits.
Réaction
De la servitude volontaire… A la mort de Godin (le marchand de poêles socialiste), le familistère de Guise continue quelques années de vivre selon les règles de l’anarchisme communautaire, puis des réformes commencent de modifier le lieu de vie (contrôle accru sur la cour et les jeux d’enfants, fermeture des passages-galeries, etc.). Bientôt, l’association des locataires cède: l’espace est privatisé et vendu par tranches, les jardins et le théâtre sont désactivés. Ainsi l’héritage est déshonoré par ceux qu’il a honoré.
Energumènes 2
Adolf Loos, théoricien du fonctionnalisme en architecture, pourfendeur de l’ornement (1908), s’insurgeant contre le passéisme politique: “Mes bonnes intentions déplurent aux Amis du passé, et l’Etat, dont la tâche consiste à retarder les peuples dans leur développement, se fit le défenseur de l’ornement menacé. C’était dans l’ordre: l’Etat n’a pas à charger ses fonctionnaires du soin de faire des révolutions… Il ne faut pas oublier que l’Etat autrichien prend sa tâche au sérieux plus que tous les autres. Il pousse le respect du passé jusqu’à empêcher la disparition des “chaussettes russes”; il oblige les jeunes gens modernes, pendant trois années de leur vie, à marcher enveloppés dans des bandes de toile. Après tout, il a sans doute raison, étant admis le principe qu’un peuple retardataire est plus facile à gouverner.”
Energumènes
Sur la mer d’Albóran, flux incessant de pneumatiques chargés d’Africains qui avec l’aide des secours en mer espagnols débarquent les mains dans les poches, prêts à être lavés, logés et entretenus avant de semer la zizanie, molester, voler, selon les cas violer, conformément à l’apprentissage atavique, ce que que le gouvernement national sous tutelle mondiale du demi-putchiste Pedro Gonzalez s’empresse de faire contester en mandant ici et là des journalistes rendre compte d’attroupements qui crient à la xénophobie (je ne serais pas surpris que ce personnel, du reste en petit nombre, soit rétribué).
Cuisine
“Cena de alforjas”, hier le soir, au village, ce qui veut dire pour la Suisse, repas canadien et littéralement, dans la tradition ouvrière de l’Aragon (que peut bien savoir le continent barbare quant aux gastronomies?), “besace”. Or, j’apportais un curry vert de Chiangmai. D’abord, nul ne se risque. Jusqu’à minuit, les plats passent le long de la table selon un schéma circulaire et diagonale, empanadas et tortilla, pain de viande et oignons doux, boudin aux pignons, patates mayonnaise et œufs farcis, enfin saucisses au piment. Puis mon voisin le paysan goûte mon poulet vert. Bientôt, mes casseroles font le tour de la salle et, surprise, personne ne juge trop piquant, tous apprécient.
Rêve
Quand vient mon tour, la psychanalyste s’étonne:
-Mes capacités, vous n’y croyez pas? Je le lis dans vos yeux!
-Ce n’est pas ça… Mais la psychanalyse, c’est un peu comme la sous-couche en peinture. Avant de peindre, il faut poser la sous-couche et poser la sous-couche c’est peindre.
-Et ça?
-Oui, ce sont de portraits dessinés par Apollinaire dans les marges de son manuscrit à l’époque de Zones et d’Alcools. Ne croyez pas me piéger aussi facilement, je connais!