Retrouvé le col de la Furka que j’ai franchi à vélo le 14 septembre. La neige voltige, il fait deux degrés. Sur la descente, je gare la voiture devant cette “grotte bleue” dont j’ai parlé dans Trois divagations sur le Mont Arto (ce que j’en disais, je l’ai oublié, mais je n’ai pas oublié ma déception). Nous grimpons jusqu’au kiosque, là où se trouve le tourniquet qui barre l’accès au glacier. Je passe par le côté, le terrain est libre. Luv me suit. L’employé nous rattrape: “pour regarder, il faut payer”.
Goms
Installés avec Luv dans la vallée de Conches. Pleine de bonne volonté, la propriétaire du chalet donne en suisse-allemand des conseils d’excursions, de forfaits, de cartes journalières. Je viens d’arriver, je comprends ce que je peux. Le lendemain, cherchant les prix et les horaires du passage de la Furka, j’essaie de faire la différence entre le train à vapeur, le train diesel, le train à voitures et le train. En gare d’Oberwald, des machines. Nous montons à bord du régional pour Andermatt. Il entre dans un tunnel. En ressort quinze kilomètres plus loin. Quand vient la contrôleur, je lui dis mon erreur: “oh, mais le train d’altitude, c’est fini!”. De retour au chalet, le propriétaire nous apporte des bons pour une valeur de Fr.100.- Offerts par la commune, ils valent remerciement, pour vous, qui êtes ici, quelques jours durant, dans la vallée de Conches.
Réunion
Dans la Glâne, pour l’anniversaire de Mamère, septante-huit ans; cadeau demandé, le travail à la ferme. Les enfants plantent des géraniums, coupent la vigne, ramassent les feuilles, le cognassier donne plus de cent kilos de fruits durs que Monfrère apporte à la presse, je récolte les pommes, les balance dans des caisses qui , selon la variété, seront croquées, serviront à faire du jus ou des gâteaux, et j’habille les plantes en pots pour l’hiver. Le paysan vient saluer alors que je range le bois. Il a attrapé le virus, de même que sa femme, sa mère qui a 103 ans et sa fille: pas d’hospitalisation, tout el monde va bien. Plus tard, au-dessus du lac, dans le chalet, près du poêle, soirée à écouter du rock et à discuter avec Aplo (il spécule, je donne mon avis) de projets d’affaires.
Tolérance 2
Effet recherché (outre l’évidente mise au service des basse tâches de production) de l’importation massive par nos gouvernements d’Occident, sous la dictée idéologique des instances supranationales, de criminels prélevés sur les stocks du tiers-monde. Tâche confiée: semer la chaos. Travail à long terme: violenter le peuple natif lorsque, poussé aux affres, il comprendra qu’il doit s’attaquer aux usurpateurs qui occupent le pouvoir.
Illégitimes
Les personnes simples finiront par tricher pour l’argent. Agir contre le travail, renoncer au bons sens. Elles se mettront en danger. Ainsi, la maffia gouvernementale aura créé une arme dernière, la résistance nécessaire donc médiocre qui permet de justifier à bon escient la défense par la violence des intérêts de groupe.
Escale
Dans l’arrière-boutique, à Lausanne, regardant défiler à travers la vitre les habitants de Grancy. Sans intention de sortir, sortant le minimum. Même le pain, que je garde une fois sec afin de n’avoir pas à me rendre à la boulangerie. Réfléchissant à ce que je vais faire. Retourner à Agrabuey? Mais l’Aragon est à nouveau menacée de l’Etat d’urgence, quant à l’obligation de porter les masques dans la rue, elle n’a pas été levée. En même temps, je fais le compte des billets d ‘avion et des nuitées d’hôtel achetés et perdus. Pula-Berlin, Genève-Naples, Berlin-Naples, Naples-Genève… Anecdote: en route pour la Slovénie, je tente de me faire rembourser la chambre réservée à Prenzlauerberg. Réponse de l’établissement: “impossible, la chambre est annulée sans remboursement”. Par retour de message, afin d’éviter que la chambre soit relouée, je fais savoir que dans ce cas je viendrai tout de même et serai devant la porte de l’hôtel à 20h00, puis j’oublie l’affaire. Dix minutes après l’heure dite, mon téléphone sonne. Je suis à bord du bus Pula-Milan, il est pris dans cet accident dont l’ai parlé, à quelques kilomètres de l’entrée de la ville. Le réceptionniste, aimable: “monsieur Friederich, si vous voulez, je peux vous laisser la clef dans la boîte à lettres… Vous êtes encore loin?”. ‑Non, non, j’arrive!