Monterrico 2

Arrêt bru­tal des longs som­meils, dans la cour trois chiens aboient toute la nuit puis les coqs pren­nent le relais. Dès l’aube l’ate­lier mécanique fait tourn­er des moteurs — déménagement.

Détail 5

Les policiers cail­lassent un cocoti­er dont les palmes chargées men­a­cent de défon­cer les capots de voitures.

AI

Toute cette “Agi­ta­tion d’Im­bé­ciles” dans les Organ­i­sa­tions inter­na­tionales qui aver­tis­sent dans des cen­taines, des mil­liers de rap­ports du dan­ger que représente pour l’emploi l’In­tel­li­gence Arti­fi­cielle (rap­ports que celle-ci rédi­g­erait en quelques nanosecondes).

Monterrico

Sur le Paci­fique, je dors douze heures par nuit. D’autres nuits qua­torze heures. La chaleur mais aus­si la sus­pen­sion de cet empoi­son­nement admin­is­tratif que nous subis­sons au quo­ti­di­en, dans nos pays d’Eu­rope, pro­mu indice de civilisation.

Détail 4

Police mil­i­taire “Pour la sécu­rité de la com­mu­nauté” qui trans­porte des mate­las dans son pick-up blindé.

Détail 3

Sur le bor­ds de route Izta­pa-Mon­ter­ri­co “salle d’ado­ra­tion du Christ-roi”.

Détail 2

Fille de quinze ans son bébé de six mois entre les jambes, à moto.

Détail

Livrai­son de bouteilles de gaz fusil à pompe à la main. 

Michatoya 3

Grande cham­bre vert-orange, ses puits de jour, son ven­ti­la­teur, ses four­mis. Plusieurs espèces, les unes minus­cules et vélo­ces, les autres gross­es et artic­ulées. Dans la cour, les motos de la famille, la cou­sine sur son télé­phone, la grand-mère dans le hamac, les gnafrons jouent avec des pelures, des bal­lons, de l’eau et la femme, les femmes, ven­trues, fes­sues, cuisi­nent et nav­iguent de l’évi­er au frigidaire, du feu à la lessive. Il fait chaud. Il fait 32 degrés. Pro­gramme rou­tinier. Avec paus­es. Je fais des pom­pes et des élas­tiques, je prends des notes, je lis. Puis j’ai faim et les choses se com­pliquent. Avant d’aller chez la marchande de tacos, je passe à l’épicerie, achète un con­com­bre et deux tomates, il faut encore trou­ver un couteau, pel­er, aller chercher du sel, deman­der s’il n’y aurait pas un avo­cat à ven­dre quelque part sur la rue principale. 

Michatoya 2

A moto, la canne sur le côté, le fils en croupe, le patron démarre dans la cour. Du bal­con, je fais: “Tu vas pêch­er?”. Des crevettes, qu’il rap­porte en quan­tité comme tous les habi­tants de cette côte, des crevettes ici, là, ailleurs, aux éta­lages et dans les paniers, dans les cuvettes, sur les tables, partout des crevettes, je m’é­tonne qu’il puisse encore en rester dans la mer. Ensuite le patron me demande: “ça te dérange si je mets la musique?”. Car il ne peut faire son tra­vail, cuire ses fri­joles (des pois noirs), pré­par­er la recette qu’il ven­dra aux camion­neurs dès trois heures le matin sur la place de l’église en silence. Donc musique! À un vol­ume que n’en­vierait pas le stade de Wem­b­ley. Pour les fumigènes, il y a la mar­mite. Sur feu de bois, elle enfume la cour, les hangars voisins et jusqu’à l’église évangélique où chantent les enfants à tue-tête sur com­mande du prédi­ca­teur. Le quarti­er trem­ble en rythme, j’en­file mes tam­pons, je déverse des kilos de glaçons dans le lavabo, j’ou­vre ma pre­mière Gal­lo de 720 ml. Cela dure des heures et des avion­nettes rasent ma cham­bre, tout juste décol­lées de l’aéro­drome de San José.