Solóla

Aplo devait décou­vrir le lac aux vol­cans d’Ati­tlán. De Solo­la, nous plon­geons vers les berges de Panacha­cel, l’un des faubourgs pacotille les plus touris­tiques du Guatemala, d’abord pour les vacanciers de la cap­i­tale. Sur les sables gris des indi­ennes en cos­tume (qu’elles por­tent habituelle­ment) mélan­gent des Ceviche, pressent des cit­rons-man­darines, gril­lent des épis de maïs. Retour au Makani où j’ai passé de bonnes soirées l’an dernier avec ce Russe de Sibérie redresseur de guest-hous­es. A ma grande honte, je ne remets pas l’employé, un Indi­en tra­pu (ils le sont tous, il l’est encore plus) qui le lende­main de notre instal­la­tion se rap­pelle à mon sou­venir : « je suis Edgar », un type dont Aplo dira : il est extrême­ment gen­til. C’est juste. Nous autres qui nous avons per­du ce réflexe d’aide spon­tanée, de bonne volon­té, de regard porté sur l’autre, regard sans appréhen­sion ni attente. En mat­inée, départ à bord d’une « lan­cha », sorte de bateau-bus pour les villes et vil­lages du pour­tour du lac, et je fais l’er­reur (la petite dame du petit bar de Quet­zal­te­nan­go m’a induite en erreur) de retourn­er à Pedro de Lagu­na, ce vil­lage étagé, à demi-israélien, pleine­ment hip­pie et fréquen­té par le monde des imbé­ciles, blancs-becs sor­tis des guides pour faux aven­turi­ers qui vien­nent manger, boire, hurler et vomir.