Río Cuchiate

Au bout d’une rue en terre flan­quée de maisons bass­es, le pas­sage de douane. Un pick-up déclenche sa sirène. L’é­cho rem­plit l’im­passe. Portes ouvertes, intérieures. Sur les toits sèche du linge. Aplo pousse un tourni­quet. Rouil­lé, il couine. Couloir fer­ré sur trois côtés, nous avançons, puis un autre tourni­quet. Devant le bâti­ment de douane, aucun offi­ciel. Une volée d’escaliers mène à un guichet. Der­rière la vit­re plac­ardée d’avis de dis­pari­tion de l’É­tat du Chi­a­pas, la fonc­tion­naire, sa tête au ras du comp­toir. Elle attrape nos passe­ports, les tam­ponne. Moi qui m’at­tendais à croupir deux heures comme l’an dernier sur la ligne Chetu­mal-Belize! La fonc­tion­naire dit: “allez par là main­tenant!”. Cette fois, il y a un offi­ciel devant le bâti­ment. Sans autre geste, il con­firme: “par la passerelle”. Nous emprun­tons la seule passerelle vis­i­ble. Elle mène au pont qui nous fera tra­vers­er la riv­ière Cuchi­ate, fron­tière naturelle avec le Guatemala. Mais elle est con­damnée. Chaîne et cade­nas. Retour au bâti­ment. A nou­veau je demande à l’of­fici­er de fac­tion “la passerelle”. Même geste vague suivi de sa con­fir­ma­tion: “par la passerelle”. Et nous débou­chons côté Mex­ique, dans la rue en terre flan­quée de ses maisons où le pick-up con­tin­ue de jouer sa sirène.