Un homme toque à ma porte. C’est un vieux monsieur, barbichu et voûté, il entre d’autorité, la canne devant, s’installe au salon: “Francisco a dit que je devais vous connaître!”. Et de me raconter sa vie depuis l’enfance en insistant sur la période post-franquiste et la fouille des archives des tribunaux militaires. Si j’interromps, il reprend où il a laissé. Cela dure une heure et deux heures. Et promet de durer car le monsieur annonce à chaque détour de phrase, “c’est une autre histoire, j’y reviendrai après”. Comme je ne suis pas encore douché et qu’il me faut une excuse, je finis par lâcher: “il faut que je me douche”. Alors le monsieur se lève non sans annoncer: “je reviendrai, nous avons beaucoup de chose à partager!”.