Capitale

Tôt ce matin dans une gare routière de la périphérie de Puebla. Con­traste entre le chaos urbain des bidonvilles et l’éd­i­fice de béton aux quais si larges qu’ils pour­raient accueil­lir des sous-marin atom­iques. Sur l’e­s­planade, des caméras, des écrans, des flics. Plus de flics que de clients. Départ à 9h30. A l’heure dite un bus orange décom­presse ses portes, un chauf­feur en chemise et plas­tron vise nos bil­lets. Je m’en­dors. Réveil dans le traf­ic de la cap­i­tale. Ce dimanche comme tous les jours spec­ta­cle baroque des col­por­teurs, des men­di­ants, de fast-food et des trous noirs, du métro aériens et des par­ties de foot, mais le besoin de piss­er gâche la médi­ta­tion. Miguel, l’homme à tout faire de Tol­do, m’at­tend à Tex­co­co. Au bureau de la com­pag­nie des Monts-de-piété, colonie des Lomas de Cha­pul­te­pec, nous char­geons des bam­bous sur une camion­nette puis Miguel grimpe les pentes du vol­can en direc­tion de Tolu­ca. Une fois longé le canal puant de Ler­ma, une mélasse de détri­tus qu’évi­tent mêmes les canards de lagune, tra­ver­sée de la val­lée des carottes, aux envi­rons de San­ta Cruz Tezon­te­pec (dix kilos pour Fr. 2,50) . Fin d’après-midi, Tol­do me reçoit à l’in­térieur d’une urban­i­sa­tion privée avec golf, piscine et restau­rants, devant une mai­son digne d’un livre d’ar­chi­tec­ture. A peine arrivé, nous sommes à table, goû­tant des mets raf­finés au-dessus du jardin de style ori­en­tal qu’il a conçu et dess­iné (arrondis savants, herbe rase, pier­res échouées, cas­cades, étangs, arbustes). Sur l’hori­zon mon­tagnes en pains de sucre et brumes ouatées. Au cré­pus­cule, ham­mam puis immer­sion dans une bas­sine de glaçons.