En barque dans la forêt de mangrove qui barre la route du sud. Les ferrys de bois embarquent les voitures de Monterrico, remontent des tunnels de végétation empruntent un canal drainé et au bout de vingt minutes déposent les clients sur la route qui conduit à Pedro de Alvarado puis au Salvador. Nous prenons une autre voie, entre racines aériennes, envol d’oiseaux et pêcheurs en pirogue. Salomon navigue sur une eau couleur thé coupe dans la végétation, contourne les haut-fonds. Il donne du moteur et laisse glisser pour que je puisse être à l’écoute mais c’est son enthousiasme qui est drôle : qu’une grue, un pélican, une bécasse (et cinquante variétés dont j’ignore le nom) batte de l’aile, il fait les yeux ronds, désigne, admire, se met à chuchoter au point de m’oublier tant le spectacle le fascine. Plus tard il filme comme je vante sur sa demande l’excursion, remercie Dieu en mon nom et m’assure que ces prochaines années la région de Taxisco va devenir un Edorado.