Promenade en barque sur le lac. Aplo manœuvre, contourne les îles flottantes, ralentit quand un iguane apparaît sur un palmier et relance vers l’épicerie lacustre. La barque s’en retourne au port. Nous partons pour un petit tour archéologique en jungle cherchant l’entrée du sentier, nous a‑t-on dit, « là où vous verrez les populations de deux villages s’affronter au foot”. Pour ce qui est de l’archéologie, ce n’est pas Machu Pichu, juste des tas de pierres surmontés de toiles de tente, mais l’ambiance est verte, animalière, solitaire. Revenu à l’épicerie, installation parmi les buveurs du dimanche. Ils ne sont pas ivres, ils sont saouls. Ils ne sont pas saouls, ils tournent sur eux-mêmes, ils versent, ils se relèvent, c’est un spectacle, il n’est pas sans danger. Débarque sur un pick-up un couple de malabars encore plus alcoolisés. Je repère la machette de celui qui va nu. Il la dresse et l’abat sur notre table avec une force qui fait trembler la boutique. Mon voisin tombe au sol, gueule, se fâche, et rassure : « pas de risque, c’est un ami ! ». Mais l’ami s’approche d’Aplo qui avec un autre ivrogne joue à la machine à sous (mise 1 quetzal) et dresse la machette entre eux deux. Puis tout le monde rit, l’on reprend une tournée.