Clinique 3


Ce matin, près de l’église, plus de soleil. Thé de verveine dans le ther­mos. Les vach­es con­tre les pentes d’herbe dure. Échos des clo­chettes. Inter­rompu dans l’écri­t­ure par une meute de chiens qui dévale der­rière un san­gli­er. Longtemps les chas­seurs, fusils sous l’ais­selle, obser­vent la traque du haut de l’arête. Le texte prend forme. Je me demande com­ment inté­gr­er la seule métaphore que j’avais en tête au moment de for­mer l’idée de cette Clin­ique de l’ab­sence de révolte (laque­lle illus­tre le cœur du pro­pos) : celle des pein­tres divi­sion­nistes qui au XIXe priv­ilégient de tra­vail matéri­al­iste de la toile lais­sant à l’œil le soin de réalis­er l’im­age. A la mi-journée, j’ar­rête l’écri­t­ure. Aucune idée ne vient me vis­iter durant l’in­ter­valle de vingt-qua­tre heures, au con­traire de la fois précé­dente, pour l’En­nui, signe que cette affaire d’emmerdeur admin­is­tratif occupe la moitié de cerveau dont je pour­rais dis­pos­er pour faciliter la reprise.