Ainsi s’expliquent les solidarités nouvelles qui détruisent l’ordre ancien: carte d’un château, chacun soutient les cartes qui soutiennent sa position dans le château.
Mois : avril 2022
Monde meilleur
Pas de meilleure conseillère que la solitude. L’homme juge nécessaire la conversation. Nécessaire elle l’est, mais seulement le temps de la formation. Ensuite, le dialogue avec soi-même vaut toutes les dialectiques. Ceux qui ne s’aguerrissent que par les relations à autrui vivent fatalement dans cette pâle copie du monde que l’on nomme société. Le monde qui est la visée.
Exil
Des élus autoproclamés hors du corps propre. Projet central du programme posthumaniste qui libérerait une fois pour toute les ténors de la mondialisation de la morale fondée sur le rapport à autrui et partant du régime des droits et devoirs politiques. Pour quelques année encore les Mondialisateurs habitent sur terre, au milieu des hommes et femmes qu’ils cherchent à réduire en esclavage: nous avons là une dernière fenêtre de tir en vue de leur élimination physique ou psychique.
Maladie 2022
Si cela ne passait pour une mystique, je dirais que l’épidémie qu’ont connues nos sociétés n’est que le symptôme d’une maladie plus profonde. Une réaction des corps à l’alarmante décadence de la valeur esprit. Et la situation s’aggrave. Déni du sens, déni du réel, ravage de la force vitale, bêtise institutionnelle, l’énumération est sans fin. Aujourd’hui, le projet d’instrumentalisation de la maladie par cette minorité de malveillants qui œuvre sous le nom de Mondialistes (rien d’autre que les corps-esprits les plus attaqués par la maladie) bute sur le Mur de l’Est. Hélas, il faut être naïf pour s’en réjouir. Il est évident que nous avons tué la démocratie dans notre Occident, mais le paradigme qui se dessine de l’autre côté du mur est tout aussi angoissant. Le discours économique d’un Sergei Glazyev en trace les contours sans ambages, établissant l’inutilité de l’individualisme comme de la liberté: “Le nouveau système économique convergent, qui a émergé en RPC (République populaire de Chine) et en Inde, est la prochaine étape inévitable du développement, combinant les avantages à la fois de la planification stratégique centralisée et de l’économie de marché, et à la fois du contrôle étatique de l’infrastructure monétaire et physique et de l’esprit d’entreprise.”
Marie-Blanque
Expédition avec le club cycliste. Car c’est plus qu’une sortie. A sept heures, les voitures démarrent sur la place du village. D’autres amis viennent de Pampelune et de Huesca. Avant que le soleil ne soit levé, nous chevauchons les vélos et attaquons le col de la Pierre-Saint-Martin depuis Lees-Athas. Je grimpe en milieu de peloton, sans fatigue ni douleurs, les premiers mille mètres. Au sortir de la forêt, le maire d’Agrabuey décroche, il me prend deux minutes. Sept cent mètres de plus, j’atteins la frontière navarraise côté français, je suis le dernier à quelques secondes. Puis les choses se corsent. Revenu en plaine, les dix cyclistes se rangent derrière l’excellent Javi dont la femme aime à dire: “si un jour il ne monte pas à vélo, c’est qu’il est au cimetière!”. Comme ce juge, autrefois alcoolique, désormais obsédé, s’entraîne dans les plaines venteuses de Saragosse, il roule à quarante km/h sans effort sur le plat, c’est dire ma difficulté en queue de comète. Enfin, je tiens. Nous voici à Escot, autre village de la Gave d’Aspe, point de départ du col du Marie-Blanque, célèbre pour ses quatre kilomètres de côte qui pointent au-dessus des 11%. Je ralentis, cela ne suffit pas: le cardiomètre indique 167. A bord de la voiture-balai, Diego me crie: “baisse ton rythme où tu n’y arriveras pas!”. 165… 160… 158… Et à nouveau 165. Quand j’arrive, les autres sont prêts pour la photo. Ils applaudissent. Nous nous félicitons, nous redescendons. Reste quinze kilomètres de nationale en fond de vallée. Le Colombien de Londres (25 ans) est épuisé. Il déclare forfait et monte en voiture. Avant que Javi ne s’élance, je préviens: “moins vite où je vais décrocher!”. Il me rassure, “pas de problème!” Et roule comme auparavant, tel un fou. En soirée, nous sommes de retour à Agrabuey. Verdict du jour: 92 kilomètres, 2900 de dénivelé. Fatigué? Non, fourbu. Et inquiet: la Quebrantahuesos, compétition que je ferai en juin totalise 200 kilomètres pour 3500 de montée.