Dieu 5

Il y a trente ans, Jésus était mon ran­don­neur spir­ituel. Ce n’est plus le cas. Relégué à l’his­toire, voilà tout. Alors que Dieu. Au ciel. Ou, le ciel. Ou encore, l’en-dehors. Mais comme je ne pro­fesse ni ne crois, je mesure le trait tiré de l’un à l’autre. Pour que tant de naïfs investis du poids de la chair puis­sent aller en esprit et en sim­plic­ité à Dieu, il fal­lait ce va-nu-pieds génial, chef uni­versel des vagabonds. Et pour tuer son génie pro­pre, il fal­lait une géométrie de scribes juifs, lesquels le propul­sèrent vers Dieu avant de la ramen­er sur terre, ou le con­traire; bref, un feu d’ arti­fice nom­mé kab­bale que s’empressèrent d’in­té­gr­er dans leur fond de com­merce les politi­ciens d’églis­es, doc­teurs-ecclési­astes en tête. Alors que: Dieu. Il faut dire : Dieu.  Dieu seul. Le “pas-homme”. Voilà ce qu’il nous faut. Appren­dre à devenir “non-dieu”.