Il y a trente ans, Jésus était mon randonneur spirituel. Ce n’est plus le cas. Relégué à l’histoire, voilà tout. Alors que Dieu. Au ciel. Ou, le ciel. Ou encore, l’en-dehors. Mais comme je ne professe ni ne crois, je mesure le trait tiré de l’un à l’autre. Pour que tant de naïfs investis du poids de la chair puissent aller en esprit et en simplicité à Dieu, il fallait ce va-nu-pieds génial, chef universel des vagabonds. Et pour tuer son génie propre, il fallait une géométrie de scribes juifs, lesquels le propulsèrent vers Dieu avant de la ramener sur terre, ou le contraire; bref, un feu d’ artifice nommé kabbale que s’empressèrent d’intégrer dans leur fond de commerce les politiciens d’églises, docteurs-ecclésiastes en tête. Alors que: Dieu. Il faut dire : Dieu. Dieu seul. Le “pas-homme”. Voilà ce qu’il nous faut. Apprendre à devenir “non-dieu”.