Cette fille aux yeux rouges que j’aimais pour ses yeux rouges. Mes camarades, agacés, me moquaient.
- Mais enfin, tu as vu ses yeux?
- Il sont rouges.
Derrière ce regard plein de sang, j’imaginais de grandes aventures. Je ne sus jamais ce qu’elle faisait de ses yeux, encore moins ce qu’elle faisait de ses nuits. Quand je l’ai retrouvée, des années plus tard, dans une discothèque, à l’aube, accompagnée, loin de cette école imbécile où des maîtres nous apprenaient le commerce, la lumière était faussée et je n’ai rien vu, mais en raison des rêves que j’avais fondé à l’adolescence sur ses yeux elle semblait encore promettre.