Au moment de choisir ma discipline d’étude à l’université, je m’inscrivis à différents séminaires — agronomie, politique, littérature, philosophie. En littérature moderne, je participais à une lecture d’Artaud. Au bout d’un mois, le professeur nous commanda un exposé.
- Quel sera votre sujet, me dit-il.
- Dieu.
- Mmh… Prenez plutôt le début du texte de la page 190.
De Rougemont conçoit la possibilité d’une vérité qui rende compte de la totalité de l’homme et de ses fins les plus lointaines (dans Penser avec les mains), mais cette conception, qui est comme l’inversion de l’incarnation christique, ne revient-elle pas à fonder l’organisation future de la société sur l’homme en tant que source de tous les possibles, de sorte qu’en répondant aussi généreusement à la question qu’il pose, De Rougemont admet une contingence totale? Problème consubstantiel à l’anarchisme dont le principe légitime a priori les actions dès lors qu’elles sont le fait d’un homme libre. S’il veut éviter de disparaître dans la contradiction des libertés qu’il engendre, l’anarchisme doit être inclus dans un shéma limitatif de règles, lesquelles, sauf à réintroduire l’arbitraire, doivent s’ordonner sur une métaphysique.
Que mes grands-parents aient défaits les liens de la croyance par anti-cléricalisme ne poserait pas de problème si la société comme entité morale était ordonnée à des valeurs, cela le devient dans une société sans transcendance, car alors la critique de la croyance, au lieu de rejeter dans la camp adverse, enferme dans le monde fini.