Valérie Solano a cette expression formidable parlant de l’urbanisation débridée du territoire: un pays de cubes.
Rap
Pourquoi tant de personnes et dans certains cas les plus éminentes se sentent-elles obligées d’adhérer à ce qu’elle rejettent foncièrement faute d’y trouver distinction, exigence, qualité? Pourquoi font-elles avec complaisance l’apologie de la médiocrité, de l’inachèvement, de la facilité quand tout leur caractère et leur œuvre apparaît comme une démarche pour y échapper? Le plus souvent car elles craignent de passer pour réactionnaires en rejetant un point de vue et des œuvres qui venant de plus jeunes marqueraient leur génération en tant que génération sur le déclin. Par lâcheté, conformisme ou afféterie, la querelle des Modernes et des Ancien les hante. Elles s’en débarrassent en valorisant le tout-venant. Ce faisant, elles promeuvent sans esprit critique des talents encore informes qui installent des modèles au rabais.
Art
Tenir un rang. Ceux qui ne le font pas tiennent un rôle. A défaut, comment demeureraient-ils visibles hors-rang? Dans cette seconde catégorie, la plupart des artistes. Ils se croient condamnés à ces jeux de cirque. Menacés de disparition. Or, toute relation vraie à l’art est l’opposé de la disparition. Elle est profondeur et affirmation. Apparaissent alors le rang et le rôle pour ce qu’ils sont: des postures de divertissement face à la mort.
Bornes
Si je me pose la question des valeurs, toutes ont été acquises par l’imitation, aucunes par la profession de foi. Puis, considérant mon expérience, je trouve qu’elles s’arcqueboutent sur une pierre de touche : la rigueur. Laquelle se traduit ainsi: fais ce que tu veux et fais-le jusqu’au bout ou du moins fais le bien. Morale tirée de la valeur travail au sens large d’effort. Seulement voilà, lorsque le désir ou la volonté d’atteindre à quelque chose vient à manquer, pourquoi s’efforcer encore? Où l’on voit que cette moral de l’effort comporte une élément d’héroïsme laïque qui est proche de la mentalité suicidaire. Si je ne sens plus le besoin de poursuivre le but que je me suis librement donné, rien ne m’empêche de me nier.
Squat
Le lit est grand. Il est large. Fait pour sept ou huit adultes. certains sont encore au salon et fument et boivent, ils viendront plus tard. Je remarque Véronique et Pié-Pié, mes anciens camarades de squat. Dans le demi-rêve, je m’étonne alors qu’ils aient pu si longtemps, presque dix ans, vivre à quatre dans un appartement somme toute petit, trois hommes dont un en couple. Mais aussitôt, je remarque que nous faisions de même à l’étage supérieur de la villa, partageant l’appartement entre deux couples, et cela pendant des années sans que je me souvienne jamais avoir ressenti aucune promiscuité.