Détail 6

Le jeune clochard en nippes qui vend un mel­on cha­pardé. Il le mon­tre au fond de son sac comme s’il mon­trait la tête d’un nouveau-né.

Monterrico 2

Arrêt bru­tal des longs som­meils, dans la cour trois chiens aboient toute la nuit puis les coqs pren­nent le relais. Dès l’aube l’ate­lier mécanique fait tourn­er des moteurs — déménagement.

Détail 5

Les policiers cail­lassent un cocoti­er dont les palmes chargées men­a­cent de défon­cer les capots de voitures.

AI

Toute cette “Agi­ta­tion d’Im­bé­ciles” dans les Organ­i­sa­tions inter­na­tionales qui aver­tis­sent dans des cen­taines, des mil­liers de rap­ports du dan­ger que représente pour l’emploi l’In­tel­li­gence Arti­fi­cielle (rap­ports que celle-ci rédi­g­erait en quelques nanosecondes).

Monterrico

Sur le Paci­fique, je dors douze heures par nuit. D’autres nuits qua­torze heures. La chaleur mais aus­si la sus­pen­sion de cet empoi­son­nement admin­is­tratif que nous subis­sons au quo­ti­di­en, dans nos pays d’Eu­rope, pro­mu indice de civilisation.

Détail 4

Police mil­i­taire “Pour la sécu­rité de la com­mu­nauté” qui trans­porte des mate­las dans son pick-up blindé.

Détail 3

Sur le bor­ds de route Izta­pa-Mon­ter­ri­co “salle d’ado­ra­tion du Christ-roi”.

Détail 2

Fille de quinze ans son bébé de six mois entre les jambes, à moto.

Détail

Livrai­son de bouteilles de gaz fusil à pompe à la main. 

Michatoya 3

Grande cham­bre vert-orange, ses puits de jour, son ven­ti­la­teur, ses four­mis. Plusieurs espèces, les unes minus­cules et vélo­ces, les autres gross­es et artic­ulées. Dans la cour, les motos de la famille, la cou­sine sur son télé­phone, la grand-mère dans le hamac, les gnafrons jouent avec des pelures, des bal­lons, de l’eau et la femme, les femmes, ven­trues, fes­sues, cuisi­nent et nav­iguent de l’évi­er au frigidaire, du feu à la lessive. Il fait chaud. Il fait 32 degrés. Pro­gramme rou­tinier. Avec paus­es. Je fais des pom­pes et des élas­tiques, je prends des notes, je lis. Puis j’ai faim et les choses se com­pliquent. Avant d’aller chez la marchande de tacos, je passe à l’épicerie, achète un con­com­bre et deux tomates, il faut encore trou­ver un couteau, pel­er, aller chercher du sel, deman­der s’il n’y aurait pas un avo­cat à ven­dre quelque part sur la rue principale.