Vivre, est-ce cela? Une question que je me pose quelque fois chaque jour et plusieurs fois chaque nuit. J’y réponds en posant la question encore et encore. L’exercice est immanquablement suivi d’un malaise. Celui-ci me laisse entendre que je suis un lâche. Vivre comme je vis, c’est dormir.
Etre lu
Ne pas être lu est certes ennuyeux (encore faudrait-il dire en quoi; que signifierait en effet un sportif qui exigerait d’être vu pour trouver un intérêt dans la pratique de son sport?), mais aucunement rédhibitoire. Ce n’est qu’une anticipation de cette réalité: nous ne seront pas lus. De sorte que celui qui s’insurge contre l’indifférence que lui témoignent les lecteurs justifie son acte d’écriture par la réception. Une folie. Ceci revient à dire que si l’on pense, c’est pour être reconnu porteur de vérité.
Energie
L’électricité est une force canalisée. La force libre est du domaine de la nature. Les hommes l’appellent Dieu. L’homme auquel on soustrait sa force est exclut de la vie, il survit dans la durée animale. Ses énergies sont capturées par un système de combustion et brûlées en vue d’atteindre un but supra additif où, en tant qu’individu, il ne compte pas: sur le versant théorique, ceci a pour nom idéologie; sur le versant pratique, ceci a pour nom totalité. Ce régime d’emploi des énergies de l’individu est historiquement cyclique.
Projet
En rêve, je tentais de répondre à la question “qu’est-ce qu’un projet?” Ce travail m’enthousiasmait. Aucun livre plus beau ne pouvait être écrit. Le projet, me disais-je, est l’annonce que ce qui est sera. Puis je cherchais à remplacer le mot “annonce” et tentais d’éviter l’allitération.