Inquiet, fâché, furieux, d’apprendre ce matin par la presse des gouvernements que notre emprisonnement à domicile est reconduit au moyen de cartes incertaines, travaillées en continu, de mesures incertaines, amendées par ordonnance, et que les citoyens, pour aider les pouvoirs à juguler la crise sanitaire, se livre pieds et poings liés à la contrainte sur la foi d’une spéculation qui, clament les représentants, vaudra salvation (ferez-vous partie des quinze décès statistiques annoncés pour la journée qui commence?). Salvation de quoi? L’économie sera à genoux, l’espace public interdit, les rencontres pénalisées, le sexe virtuel et la propriété captée? Vivant, mais sans corps privé ni loi propre.
Mouvement 17
Pluie fine tout le jour. A demeure dans le bureau à décrypter des discours de la junte militaire birmane. Ma fenêtre donne sur les poubelles. Montés dans des voitures de luxe, les voisins font leurs devoirs, trier-jeter. A Rangoun, prolongation du couvre-feu jusqu’au 18 juillet. Malène me parle des chiens errants et de la mise en stock de riz importé devant le risque de famine. J’emprunte les escaliers qui amènent au Denner, prend des nouvelles des actions sur le prix des bières, remonte, finis mes quantités.
Crédit social
“Distance”, mot-clef de la grande offensive contre l’homme et la nature. Les dommages dans les pays de culture traditionnelle sera dévastateur — Italie, Espagne, Grèce. Peuples qui avaient pour eux le bon sens, la spontanéité, la vie. Et que l’on réduit sur odonnance à la théorie. Ils y perdent leurs repères. Nous y perdons notre assise, notre civilisation