G. qui habite Paris me dit: “j’en avais assez de manger seul devant l’écran, je suis allé acheter de la nourriture et j’ai mangé sur un banc, comme un clochard.”
An 2 (XI)
Discours de destruction de la liberté, ce soir — La France devient sous Emmanuel Macron le laboratoire européen du totalitarisme. Le dimanche 17 mai 2017, j’étais avec Gala et les enfants à Hauteluce, village montagnard de Savoie. L’individu venait d’obtenir la présidence. Aplo et moi avons posé devant l’écran de télévision; j’ai dit: “le factotum des multinationales est en place, le programme est connu”.
Aéroports fermés
Ce qui me manque le plus, le désordre. Il m’est d’un grand secours car je suis ordré. J’ai la tête ordrée — ce que j’essaie de faire entendre. De fait, le sentiment de désordre n’est jamais que l’incapacité à traiter une information à la vitesse requise. C’est d’ailleurs l’origine de l’exotisme. Dans les agences de voyage, on appelle cela le “dépaysement”. Rien ne m’insupporte plus que la densité des corps dans notre pays la Suisse, à quoi j’ajoute sa prétendue diversité — terme de laboratoire, une connerie. Si on peut le dire “de laboratoire (sans rapport en réel)”, c’est bien parce qu’il n’y a plus en Suisse, hélas, aucun désordre vital, mais une structure industrielle-légale de corps d’importation qui signent leur originalité par des costumes et des couleurs de chair.