Budapest

Un croûte de vieille neige saisit les rues, les trot­toirs, les cours. Dans les avenues s’é­coule un traf­ic imper­turbable, spec­ta­cle spec­tral pour qui est habitué aux villes nettes et lumineuses. Ce n’est pas le man­teau blanc qui engloutit et fait briller au plus fort de l’hiv­er les cap­i­tales scan­di­naves, mais une gri­saille lourde qui attache aux chaus­sures et aux pneus, met des boss­es sur les per­spec­tives, imbibent les et gon­fle les façades. “A l’époque du régime com­mu­niste, ils ne pre­naient même pas la peine de net­toy­er”, dit Mon­père. Désor­mais ce sont les concierges qui ont la tâche d’ou­vrir des couloirs pié­tons dans la neige dure et l’on voit au pied des immeubles des êtres emmi­tou­flés courber le dos sur une pelle de plas­tique pour grat­ter quelques mètres de bitume cloqué.