Alexandre Friederich
Elle demande si ça va aller. Deux jours qu’elle demande.
13 janvier 2009
La situation matérielle de l’écrivain, souvent déplorable: table bancale, lumière pauvre, bruits de pas à l’étage, musique en coulisse, mal de dos.
Ferme construite à l’écart qui permet aux hommes d’agir loin de la vue du village.
Montagnes fortes et blanches que le soleil frappe. Hommes obscurs et petits sur la pente.
Sa voiture changeait de forme et de couleur. Le lui faisait-on remarquer, il en était ravi:- Tiens, oui, en effet.
Le roman impose un devoir d’habileté contraire à l’exposition brute de la vérité.
Pas de chaleur, on apporte de la chaleur. Pas de pluie, on arrose. Pas de neige, on enneige. Trop de silence, on fait du bruit. Trop de bruit?
Prodiguer ses soins à une plante pour l’empêcher de grandir, de fleurir, de devenir, pour conserver sa vue.
Combien de Hesse, de Zola, de Stendhal, de Calaferte? L’époque présente les miroirs sans dicernement ou en présente trop et noie les figures.
Promesse vraie quand l’habitant de ce hameau confie : “nous on est ici.”