Être seul durablement, être vraiment seul, quand cette solitude n’est ni chimique ni imposée ni une chute aux gouffres mais une position calculée et un point de vitesse amène immanquablement à la question: que fais-je ici et que suis-je?
Jeunes
Un copain albanais, maçon à Fribourg, à qui je dis deux mots sur mon voyage à Détroit.
- Il y avait des jeunes.
- Pas d’enfants, non.
- Non, des jeunes.
- Des adolescents?
- Non, des jeunes comme moi.
- Quel âge as-tu?
- 30 ans.
- Oui… pas beaucoup.
Question pertinente qui ne me serait pas venue à l’esprit. Jamais je n’envisage une situation en termes de possibilités de travail.
Rata
L’homme de ménage qui nettoie nos bureaux de Lausanne m’explique qu’il ne trouve plus de mandats et manque de ressources. Je m’étonne: son travail est irréprochable.
- Voyez-vous, les Portugais contrôlent le marché et ils distribuent toutes les places à leurs copains. Un Suisse n’a aucune chance. Il passe ensuite en revue les autres milieux professionnels. Même constat: les Français et les Galliciens tiennent les hôpitaux, les Serbes le chantiers… Voici les réalités du multiculturalisme, cette bouillie idéologique concoctée par de jeunes apprentis en marketing sur commande des maîtres de la mondialisation.