Ce sentiment que rien n’importe plus dès lors que toute stratégie intelligente vaut immédiate défaite. Dont acte, la liberté se mesure aux actes de plaisir accumulés.
Emballage
Les éditions me demandent quel est le “tag” qui convient au livre à paraître. Pour que je fasse le choix, l’interlocuteur énumère des acronymes. Ils désignent des catégories, (de mémoire, ne sachant retenir pareilles aberrations) “narration, roman, prose”, ne valant pas “document, vie sujet”.
Vide 2
Soi-dit en passant, on peut prendre pour monnaie comptante l’enthousiasme joué des Américains et sous le masque manquer le vide: s’y est laissé prendre, tard dans le siècle, le vingtième, un Baudrillard (faute générale de clairvoyance chez cet écrivain), ne s’y est pas laissé prendre, tôt dans le siècle, le vingtième toujours, un Adorno (le voyant aux intuitions délétères).
Vide
Des gens qui ont découvert un pays vide et s’enthousiasment de ce qu’il en ont fait pour conjurer le sentiment persistant de vide. Comment leur en vouloir? Ce sont des héros. J’admire les Américains. Mais pourquoi les imiter? A quelle fin transporterait-on ce vide dans un lieu de culture éminent tel que l’Europe?
Attente-immobilité
Le sentiment que ne rien faire est possiblement la plus porteuse des expériences. Soi-même immobile, les autres en mouvement. Cet après-midi, j’ai attendu Luv devant un magasin d’habits de la 34ème rue pendant une heure un quart — ce qui m’a paru plus intéressant que bien des activités de divertissement.