Progrès

Dieu est une belle inven­tion. Il s’ag­it main­tenant de créer son rem­plaçant et de se met­tre en posi­tion de garan­tir pour l’hu­man­ité un des­tin meilleur.

Mérite

Depuis le temps que la France s’ef­fon­dre! Qu’elle touche le sol! Que la loi physique opère! 

Fuite

Puis­sé-je trans­former ma mai­son en navette spa­tiale! Fin d’an­crage. Dans l’im­men­sité, les inven­teurs d’ob­sta­cles peinent, à la fin ils renon­cent, l’on va dans le noir seul, à bord de sa mai­son, écrivant et réfléchissant sa pro­pre lumière.

Diplodocus

Tra­vail de cor­rec­tion de Diplodocus. Long, infi­ni. J’aimerais m’en libér­er, cela dure. Je reprends. Veux m’en débar­rass­er et insiste: la per­sévérance est mon défaut. Au salon il fait vingt-huit degrés, il me reste soix­ante litres de bière, les hiron­delles tien­nent la val­lée, pour elles je broie les miettes de mon pain mai­son, j’ar­rose le jardin; les jardins des voisins, retenus à la ville, brû­lent dans le soleil. Une trentaine d’heures et je pour­rai réécrire Clin­ique de l’ab­sence de révolte. Ces réc­its, Diplodocus par exem­ple, tranch­es de vie sans intérêt de gens fous, fic­tifs, que les fous réels, du moins ceux qui encore lisent, ne voulant pas s’en­ten­dre dire qu’ils sont fous, ne liront pas. 

Parachever

Ten­ta­tives minus­cules d’a­vancer quelques cor­rec­tifs à la vision du monde con­stru­ite par la fic­tion, le désir et la pen­sée; j’ig­nore si c’est l’âge et son cumul d’ex­péri­ences démen­ti par la froide arith­mé­tique du réel ou l’an­gois­sante dérive de la société qui chante son naufrage. 

Support

Com­ment la plu­part d’en­tre nous sup­por­t­ent-ils de dire “non” à l’en­vie de faire autrement et ailleurs?

Mémoire

Nous avons accep­té qu’il n’y ait plus de porte; nos descen­dants se deman­dent désor­mais com­ment nous sommes entrés. 

Vérité

Com­ment exténuer une ques­tion? La pos­er de tant de manières dif­férentes qu’elle ne présente plus de répons­es possibles. 

Peur

La peur n’est pas innée, elle est une adaptation.

Pondération

Voisins qui gon­flent et dégon­flent selon les émo­tions, les réus­sites, les échecs. Ce dont je m’aperçois avec sur­prise puisque, can­ton­né au vil­lage où ils ne vien­nent que de péri­ode en péri­ode respir­er à bord de leurs rési­dences sec­ondaires, pour main­tenir le cap, là où ils nav­iguent de rou­tine, en ville, on ne les côtoie que par occasions.